Coupe du monde 1978 : la deuxième finale perdue

Sans Johan Cruijff, mais avec Rensenbrink, Neeskens, Krol et les jumeaux Van de Kerkhof, les Pays-Bas d'Ernst Happel atteignent une nouvelle finale en Argentine et la perdent après prolongation face au pays organisateur, sur fond de dictature militaire.

Mis à jour le 14 octobre 2026 · 3 min de lecture

Sommaire
  1. Un tournoi sans Cruijff
  2. Le parcours match par match
  3. Les moments clés
  4. Bilan
  5. Un Mondial sous la dictature
  6. Les hommes clés
  7. Questions fréquentes

Un tournoi sans Cruijff

Le capitaine de 1974 renonce à la Coupe du monde 1978. On a longtemps attribué ce choix à un boycott de la junte militaire argentine ; en 2008, Johan Cruijff a expliqué qu'une tentative d'enlèvement à son domicile de Barcelone, en 1977, l'avait convaincu de ne plus quitter sa famille. Sans lui, l'Autrichien Ernst Happel, vainqueur de la Coupe des clubs champions 1970 avec Feyenoord, dispose d'un noyau de 1974 : Krol, Neeskens, Rep, Rensenbrink, Haan, Jansen, Jongbloed, renforcé par les jumeaux René et Willy van de Kerkhof, du PSV vainqueur de la Coupe UEFA en 1978.

Le parcours match par match

DateTourMatchScoreButeurs néerlandaisLieu
3 juinGroupe 4Pays-Bas – Iran3-0Rensenbrink (3, dont 2 pén.)Mendoza
7 juinGroupe 4Pays-Bas – Pérou0-0–Mendoza
11 juinGroupe 4Écosse – Pays-Bas3-2Rensenbrink (pén.), RepMendoza
14 juin2e tour, groupe APays-Bas – Autriche5-1Brandts, Rensenbrink (pén.), Rep (2), W. van de KerkhofCórdoba
18 juin2e tour, groupe APays-Bas – RFA2-2Haan, R. van de KerkhofCórdoba
21 juin2e tour, groupe APays-Bas – Italie2-1Brandts, HaanBuenos Aires
25 juinFinaleArgentine – Pays-Bas3-1 a.p.NanningaBuenos Aires (Monumental)

Les moments clés

Le millième but de la Coupe du monde

Contre l'Écosse, le penalty de Rob Rensenbrink (34e) est le 1000e but de l'histoire de la Coupe du monde. Le match reste pourtant comme celui d'Archie Gemmill, auteur d'un slalom légendaire pour le 3-1 écossais. La défaite 3-2 suffit néanmoins aux Néerlandais, deuxièmes du groupe derrière le Pérou.

Les frappes d'Arie Haan

Au deuxième tour, Arie Haan marque deux buts de très loin : contre la RFA, revanche partielle de 1974 (2-2), puis contre l'Italie, d'une frappe d'environ 40 mètres qui trompe Dino Zoff. Ce match contre l'Italie a une particularité : Ernie Brandts y marque contre son camp puis dans le bon but. La victoire qualifie Oranje pour la finale.

La finale de Buenos Aires

Dans un stade Monumental en fusion, l'Argentine retarde son entrée sur le terrain et conteste le plâtre au poignet de René van de Kerkhof, déjà porté lors des matchs précédents. Mario Kempes ouvre le score (38e), le remplaçant Dick Nanninga égalise de la tête (82e). À la dernière minute du temps réglementaire, Rensenbrink, seul face au but, frappe le poteau : le ballon de la victoire mondiale. En prolongation, Kempes (105e) et Daniel Bertoni (115e) offrent le titre à l'Argentine. Les Néerlandais, furieux de l'arbitrage et du contexte, ne se présentent pas à la cérémonie de clôture.

Bilan

Deux finales consécutives perdues contre le pays organisateur : la génération dorée des années 1970 n'a jamais été sacrée. Rensenbrink finit avec cinq buts, à un du meilleur buteur Kempes. Il faudra attendre la Coupe du monde 1990 pour revoir Oranje en phase finale, les éditions 1982 et 1986 ayant été manquées. Voir le bilan complet des Pays-Bas en Coupe du monde et la page précédente sur la finale de 1974.

Un Mondial sous la dictature

La Coupe du monde se tient deux ans après le coup d'État militaire du général Videla. Aux Pays-Bas, un comité militant pour le boycott, soutenu par une partie de la gauche et des artistes, mène campagne contre la participation de l'équipe ; la KNVB décide finalement de partir. L'absence des joueurs à la cérémonie de clôture, après la finale, a parfois été lue comme un geste politique autant que sportif.

Les hommes clés

  • Rob Rensenbrink (Anderlecht) : cinq buts, dont quatre penalties, et ce poteau de la 90e minute qui hante encore le football néerlandais.
  • Johnny Rep : trois buts, ce qui porte son total à sept en deux Coupes du monde, record néerlandais (voir bilan en Coupe du monde).
  • Arie Haan : auteur de deux des buts les plus célèbres du tournoi.
  • Ruud Krol, capitaine, et Johan Neeskens, toujours au cœur du jeu.
  • René et Willy van de Kerkhof, jumeaux du PSV, symboles d'une équipe moins ajacide qu'en 1974.

Le 5-1 contre l'Autriche et la défaite face à l'Écosse ont chacun leur page de confrontation.

Questions fréquentes

Pourquoi Johan Cruijff n'a-t-il pas joué la Coupe du monde 1978 ?

Il a lui-même expliqué en 2008 qu'après une tentative d'enlèvement chez lui à Barcelone en 1977, il avait décidé de ne pas s'éloigner de sa famille. L'hypothèse d'un boycott politique de la dictature argentine a longtemps circulé.

Quel est le score de la finale Argentine – Pays-Bas en 1978 ?

3-1 après prolongation (1-1 à la fin du temps réglementaire), le 25 juin 1978 à Buenos Aires. Kempes (2) et Bertoni pour l'Argentine, Nanninga pour les Pays-Bas.

Qui était le sélectionneur des Pays-Bas en 1978 ?

L'Autrichien Ernst Happel, ancien entraîneur de Feyenoord et du Club Bruges.