Le Mauritshuis

Dans un palais classique du XVIIe siècle au bord de l'étang du Binnenhof, le Mauritshuis expose une collection resserrée mais exceptionnelle de peinture flamande et hollandaise, avec La Jeune Fille à la perle de Vermeer pour étoile.

Mis à jour le 14 octobre 2026 · 3 min de lecture

Sommaire
  1. Histoire
  2. Les chefs-d'œuvre incontournables
  3. Jean-Maurice, le « Brésilien », et l'histoire coloniale
  4. Conseils de visite
  5. Accès
  6. À proximité
  7. Questions fréquentes

Histoire

Le palais est construit de 1633 à 1644 pour Jean-Maurice de Nassau-Siegen, cousin du stathouder et gouverneur du Brésil néerlandais pour la WIC. Œuvre de Jacob van Campen et Pieter Post, il est l'un des premiers exemples du classicisme hollandais, avec ses pilastres colossaux et son fronton. Un incendie détruit l'intérieur en 1704 ; il est reconstruit dans le goût du XVIIIe siècle.

En 1816, le roi Guillaume Ier donne à l'État la collection des stathouders d'Orange, constituée notamment par Guillaume V. Le Mauritshuis, acquis par l'État, l'accueille à partir de 1822 sous le nom de Galerie royale de peinture. De 2012 à 2014, le musée est rénové et agrandi par un passage souterrain vers un bâtiment voisin, la nouvelle aile, qui accueille expositions, ateliers et espaces d'accueil. Il rouvre en juin 2014.

Les chefs-d'œuvre incontournables

  • La Jeune Fille à la perle (vers 1665), Vermeer : une « tronie » (étude de tête), non un portrait. Le tableau ne quitte plus le musée depuis 2014, à l'exception de l'exposition Vermeer du Rijksmuseum en 2023.
  • Vue de Delft (vers 1660-1661), Vermeer : le paysage urbain que Proust tenait pour « le plus beau tableau du monde ». Voir Delft.
  • Diane et ses compagnes (vers 1653-1654), l'une des premières œuvres connues de Vermeer.
  • La Leçon d'anatomie du docteur Tulp (1632), Rembrandt, à 26 ans : la commande qui lança sa carrière à Amsterdam.
  • Le dernier Autoportrait de Rembrandt (1669), peint l'année de sa mort.
  • Le Chardonneret (1654), Carel Fabritius, élève de Rembrandt mort la même année dans l'explosion de la poudrière de Delft.
  • Le Taureau (1647), Paulus Potter, animal grandeur nature.
  • Comme les vieux chantent, les jeunes sifflent, Jan Steen, et la Vue de Haarlem de Jacob van Ruisdael.
  • Le Paradis terrestre avec la chute de l'homme (vers 1615), collaboration de Rubens et Jan Brueghel l'Ancien.
  • Primitifs flamands et maîtres du Nord : Lamentation de Rogier van der Weyden, portraits de Hans Holbein le Jeune, et les petites natures mortes aux fraises d'Adriaen Coorte.

Pour replacer ces œuvres dans leur contexte, voir la peinture du Siècle d'or.

Jean-Maurice, le « Brésilien », et l'histoire coloniale

Gouverneur de la colonie de la WIC au Brésil de 1637 à 1644, Jean-Maurice de Nassau-Siegen fit venir à Recife savants et peintres, dont Frans Post et Albert Eckhout, premiers Européens à peindre les paysages et les habitants du Nouveau Monde sur le motif. Mais la richesse de la colonie reposait sur les plantations sucrières et la traite des esclaves africains, que la WIC organisait. Le surnom ancien du palais, « palais du sucre » (Suikerpaleis), le rappelle. Le musée a ouvert ce débat publiquement, notamment avec l'exposition Shifting Image en 2019, consacrée à la figure contestée de son fondateur. Pour en savoir plus : esclavage et Keti Koti.

Conseils de visite

  • Billets : réservation en ligne conseillée ; le billet adulte coûte une vingtaine d'euros (à vérifier sur le site officiel). Entrée gratuite jusqu'à 18 ans inclus et avec le Museumkaart. Depuis janvier 2026, un tarif très réduit (4 €) est testé pour les résidents des Pays-Bas pendant les deux dernières heures d'ouverture (mise à jour : octobre 2026).
  • Meilleur moment : dès l'ouverture ou en fin d'après-midi ; la salle de Vermeer (au premier étage) est très fréquentée en milieu de journée.
  • Durée : le musée est à taille humaine, 1 h 30 à 2 heures suffisent. Audioguide et application disponibles.
  • Billet combiné avec la Galerie Prince Willem V (Buitenhof 35), première galerie de peinture ouverte au public aux Pays-Bas (1774), accrochée « à touche-touche » comme au XVIIIe siècle.

Accès

À 10 minutes à pied de la gare de La Haye Central, à côté du Binnenhof, siège historique du Parlement (en rénovation pour plusieurs années). Nombreux trams arrêt Centrum ou Buitenhof.

À proximité

Le Binnenhof et la Ridderzaal, le Buitenhof et le Lange Voorhout ; le musée Escher au palais Lange Voorhout (voir Escher). Le Kunstmuseum Den Haag et Madurodam sont à 15 minutes en tram, Delft à 15 minutes en train. Voir La Haye.

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Questions fréquentes

La Jeune Fille à la perle est-elle toujours exposée ?

Oui, elle fait partie de l'accrochage permanent et ne voyage plus. Exceptionnellement, elle a été prêtée au Rijksmuseum pour la grande exposition Vermeer de 2023.

Combien de Vermeer au Mauritshuis ?

Trois : La Jeune Fille à la perle, Vue de Delft et Diane et ses compagnes. Le Rijksmuseum en possède quatre.

Le Mauritshuis est-il gratuit pour les enfants ?

Oui, l'entrée est gratuite jusqu'à 18 ans inclus.