Giethoorn

Des chaumières posées sur des îlots, des canaux à la place des rues et des ponts de bois à perte de vue : Giethoorn est devenu l'un des villages les plus photographiés au monde. Pour en profiter vraiment, il faut savoir éviter les heures de pointe et sortir des sentiers battus vers les lacs et les marais voisins.

Mis à jour le 14 octobre 2026 · 4 min de lecture

Sommaire
  1. Histoire : un village creusé par les tourbiers
  2. À voir et à faire
  3. Spécialités
  4. Infos pratiques
  5. Éviter la foule
  6. Excursions proches
  7. Questions fréquentes

Histoire : un village creusé par les tourbiers

Giethoorn est fondé au XIIIe siècle par des colons installés dans cette zone de marais. Son nom viendrait des nombreuses cornes de chèvres sauvages (geitenhorens) qu'ils auraient trouvées dans le sol, vestiges, selon la tradition, d'une grande inondation de 1170.

Le paysage actuel est le fruit de l'extraction de la tourbe, principal combustible des Pays-Bas pendant des siècles. Les habitants creusent des fossés pour évacuer la tourbe en barque ; en s'élargissant, ces fossés deviennent des canaux, et les zones exploitées se transforment en lacs (Bovenwijde, Belterwijde). Les maisons se dressent sur les bandes de terre restantes, chacune reliée au chemin par un pont, d'où leur multitude : on compte plus de 150 ponts dans le village.

Le film Fanfare de Bert Haanstra (1958), tourné sur place, rend Giethoorn célèbre aux Pays-Bas. Depuis les années 2010, sa notoriété internationale, notamment en Asie, a explosé : la commune et les opérateurs estiment la fréquentation à environ un million de visiteurs par an, avec des pics de 10 000 à plus de 20 000 personnes les jours les plus chargés, pour un village de moins de 3 000 habitants.

À voir et à faire

Le vieux village en bateau

Le canal principal (Dorpsgracht) traverse le cœur du village sur plusieurs kilomètres. On peut le parcourir en bateau-promenade guidé ou en fluisterboot (« bateau chuchotant », à moteur électrique) loué à l'heure, sans permis. Les règles locales limitent la circulation sur certains tronçons aux heures de pointe ; une application des loueurs indique les itinéraires encombrés.

À pied ou à vélo

Un sentier longe le canal sur toute sa longueur : c'est la meilleure façon de voir les fermes à toit de chaume (boerderijen), les jardins et les ponts en arc. Partez vers le nord (Noordeinde) ou le sud (Zuiderpad) pour retrouver le calme.

Musées

Le Museum Giethoorn 't Olde Maat Uus, installé dans une ferme ancienne, présente la vie des tourbiers et des agriculteurs. D'autres petits musées privés (coquillages, minéraux, automobiles anciennes) complètent l'offre.

Les lacs et le parc national

Le lac de Bovenwijde, juste à l'est du village, et le parc national Weerribben-Wieden, considéré comme le plus grand marais tourbeux d'Europe du Nord-Ouest, offrent roselières, loutres, guifettes et balbuzards, loin des foules. Location de canoës et circuits balisés au départ de Giethoorn, de Wanneperveen ou d'Ossenzijl.

En hiver

Quand les canaux gèlent assez (ce qui devient rare), le village se transforme en patinoire naturelle, une expérience très prisée des Néerlandais.

Spécialités

  • Cuisine de terroir de l'Overijssel : poissons d'eau douce, stamppot en hiver.
  • Poffertjes et appeltaart dans les cafés au bord de l'eau.
  • Toits de chaume et artisanat du roseau, cultivé dans les marais voisins.

Infos pratiques

  • Train + bus : train jusqu'à Steenwijk (environ 1 h 30 à 1 h 45 depuis Amsterdam, via Zwolle ou Lelystad), puis bus régional d'une vingtaine de minutes jusqu'à Giethoorn. Des bus relient aussi Zwolle à Giethoorn.
  • Voiture : environ 1 h 30 depuis Amsterdam par l'A6 et la N334 ; parkings payants en périphérie, le centre n'étant pas accessible en voiture.
  • Location de bateaux : nombreux loueurs ; réservez en été et les week-ends, et vérifiez la puissance autorisée et les horaires de restitution.
  • Meilleure saison : mai-juin et septembre, pour la lumière et une fréquentation plus raisonnable qu'en juillet-août.

Éviter la foule

  • Venez tôt (avant 10 h) ou en fin de journée (après 17 h) : l'essentiel des groupes est présent entre 11 h et 16 h.
  • Dormez sur place ou à proximité (Blokzijl, Wanneperveen) pour profiter du village au calme le soir et au lever du jour.
  • Évitez les week-ends ensoleillés, l'Ascension, la Pentecôte et le cœur de l'été.
  • Sortez du canal principal : louez un canoë pour les lacs et les marais du parc national, ou explorez à vélo les villages voisins.
  • Respectez la vie privée des habitants : les jardins et pontons privés ne sont pas accessibles.

Excursions proches

  • Blokzijl, petit port fortifié du Siècle d'or, à 10 km.
  • Le parc national Weerribben-Wieden et son centre d'accueil à Ossenzijl.
  • Frederiksoord et Wilhelminaoord, « colonies de bienfaisance » du XIXe siècle inscrites à l'UNESCO, à une vingtaine de kilomètres (voir patrimoine UNESCO).
  • Kampen et Zwolle, villes hanséatiques.
  • Pour un autre village de carte postale, voir Marken ou Thorn.

Carte

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Questions fréquentes

Giethoorn est-il gratuit ?

Oui, l'accès au village est libre. Le parking, les bateaux, les musées et les promenades guidées sont payants.

Peut-on visiter Giethoorn en une journée depuis Amsterdam ?

Oui, en partant tôt : environ 2 heures de trajet en transports en commun. Prévoyez au moins 4 à 5 heures sur place pour le canal, une balade en bateau et une incursion dans le parc national.

Faut-il un permis pour louer un bateau ?

Non, les bateaux électriques de location se conduisent sans permis. Le loueur donne une courte explication et une carte des itinéraires.

Pourquoi l'appelle-t-on la « Venise du Nord » ?

Pour ses canaux qui remplacent les rues. Le surnom est surtout touristique : Giethoorn est un village rural de chaumières, très différent d'une ville comme Venise ou Amsterdam.