Le parc national Weerribben-Wieden

Au nord-ouest de l’Overijssel, à deux pas de Giethoorn, Weerribben-Wieden est un dédale de lacs, de canaux et de roselières né de l’exploitation de la tourbe. C’est le plus vaste marais tourbeux de plaine d’Europe du Nord-Ouest et l’un des meilleurs endroits du pays pour naviguer au fil de l’eau.

Mis à jour le 14 octobre 2026 · 3 min de lecture

Sommaire
  1. Un paysage creusé par l’homme
  2. Le roseau et le chaume
  3. Une faune exceptionnelle
  4. Que faire ?
  5. Accès
  6. Autour du parc
  7. Questions fréquentes

Un paysage creusé par l’homme

Weerribben-Wieden est un paysage d’origine humaine. À partir du XVIe siècle, les habitants extraient la tourbe, combustible très demandé par les villes de Hollande. Ils la draguent sous l’eau et la font sécher sur d’étroites bandes de terre laissées entre les fosses, les ribben ou legakkers. Les fosses deviennent des plans d’eau rectilignes, les trekgaten. Lors des tempêtes, les bandes de terre fragiles s’effondrent et les fosses se rejoignent pour former des lacs : c’est ainsi que sont nés, notamment lors d’une grande inondation en 1776, les vastes Beulakerwijde et Belterwijde, au sud du parc.

Le nom du parc associe ses deux composantes : De Weerribben, au nord, aux canaux étroits et aux îlots de roseaux, désignée parc national en 1992, et De Wieden, au sud, dominée par de grands lacs (wijden). Les deux ont été réunies en un seul parc national en 2009.

Le roseau et le chaume

Après la fin de l’extraction de la tourbe, les marais ont été valorisés par la coupe du roseau, utilisé pour les toits de chaume encore très répandus aux Pays-Bas. La coupe, réalisée en hiver, est indispensable à la survie du milieu : sans elle, les roselières évolueraient en broussailles puis en forêt marécageuse. Les gestionnaires (Natuurmonumenten et Staatsbosbeheer) travaillent avec les coupeurs de roseau pour maintenir une mosaïque de milieux d’âges différents.

Une faune exceptionnelle

La loutre, disparue des Pays-Bas en 1988, a été réintroduite ici en 2002 ; la population s’est depuis étendue à d’autres régions. Le parc est aussi l’un des derniers refuges du cuivré des marais (grote vuurvlinder), papillon orange vif dont la sous-espèce néerlandaise ne vit pratiquement qu’ici. Les roselières abritent le butor étoilé, le busard des roseaux, la panure à moustaches et de nombreuses fauvettes paludicoles ; les tourbières flottantes, des plantes rares comme les orchidées et les droseras.

Que faire ?

  • Naviguer : canoë, kayak, barque électrique ou bateau-promenade. Les itinéraires balisés pour canoë traversent les Weerribben depuis Ossenzijl et Kalenberg.
  • Visiter Giethoorn : le célèbre « Venise du Nord », village sans routes où les maisons au toit de chaume se trouvent sur des îlots reliés par des passerelles. Préférez le début de matinée ou la basse saison pour éviter la foule.
  • Découvrir Blokzijl : ancien port du Zuiderzee aux maisons du Siècle d’or, sur le bord ouest du parc.
  • Pédaler : de nombreuses pistes cyclables longent les lacs ; en hiver, quand la glace est assez épaisse, les canaux se transforment en patinoire.
  • Les centres d’accueil : à Ossenzijl pour les Weerribben, à Sint Jansklooster pour les Wieden ; expositions, cartes et départs d’excursions.

Accès

Le parc se trouve entre Steenwijk, Meppel et Zwolle. En transports, prenez le train jusqu’à Steenwijk ou Meppel puis un bus vers Giethoorn ou Ossenzijl ; en voiture, comptez environ 1 h 30 depuis Amsterdam. La combinaison avec Zwolle et Kampen, villes hanséatiques, fait un excellent séjour de deux ou trois jours dans l’Overijssel.

Autour du parc

Le parc borde à l’ouest le Noordoostpolder, conquis sur le Zuiderzee en 1942 (voir polders) : le contraste est saisissant entre les marais anciens et les champs géométriques du polder, plusieurs mètres plus bas. Blokzijl et Vollenhove, anciens ports de l’ancien Zuiderzee devenu IJsselmeer, gardent des quais et des maisons de marchands du XVIIe siècle. Le réseau cyclable à nœuds (voir le vélo aux Pays-Bas) relie tous ces villages, et de nombreux loueurs proposent bateaux et vélos à la journée. Pour une autre zone humide spectaculaire, comparez avec le Biesbosch, dans le sud du pays.

Carte

Chargement de la carte…

Questions fréquentes

Giethoorn fait-il partie du parc national ?

Le village est situé en bordure du parc, au contact direct des Wieden ; ses canaux et lacs environnants font partie du même ensemble de marais.

Quelle est la meilleure saison pour visiter ?

De mai à septembre pour la navigation et les oiseaux ; avril-mai pour les chants et la nidification. L’été, Giethoorn est très fréquenté, alors que les Weerribben restent calmes.

Peut-on voir des loutres ?

Elles sont discrètes et surtout actives la nuit. On trouve plus facilement leurs traces ; les observations restent rares et relèvent de la chance.