Willem Barentsz

Pilote et cartographe originaire de l’île de Terschelling, Willem Barentsz a mené trois expéditions à la recherche d’un passage vers la Chine par le nord. Il a découvert le Spitzberg et laissé son nom à la mer de Barents, avant de mourir en 1597 après un hivernage légendaire.

Mis à jour le 14 octobre 2026 · 3 min de lecture

Sommaire
  1. Un insulaire devenu pilote
  2. Trois expéditions vers le Nord
  3. Un récit et des reliques
  4. Héritage
  5. Où voir ses traces aux Pays-Bas
  6. Questions fréquentes

Un insulaire devenu pilote

Willem Barentsz naît vers 1550 sur l’île de Terschelling, l’une des îles des Wadden, au large de la Frise. Les registres de l’époque ne donnent ni la date exacte ni les détails de sa jeunesse. Formé à la navigation et à la cartographie, il travaille notamment avec le cartographe et pasteur Petrus Plancius et publie en 1595 un atlas nautique de la Méditerranée.

À la fin du XVIe siècle, en pleine guerre de Quatre-Vingts Ans, les marchands néerlandais cherchent une route vers la Chine et les Indes qui évite les flottes espagnoles et portugaises. Plancius défend l’idée d’un passage du Nord-Est, le long des côtes de la Russie, que l’on croit libre de glaces en été.

Trois expéditions vers le Nord

1594 : la Nouvelle-Zemble

Financé par des marchands d’Amsterdam, Barentsz part avec deux navires et atteint la côte ouest de la Nouvelle-Zemble, qu’il longe jusqu’à son extrémité nord avant que les glaces ne l’obligent à rebrousser chemin.

1595 : l’échec de la flotte

Les États généraux soutiennent cette fois une expédition de sept navires, chargés de marchandises pour la Chine. Partie trop tard, elle est bloquée par la glace près du détroit de Vaïgatch et rentre sans résultat.

1596-1597 : le Spitzberg et l’hivernage

Deux navires partent en mai 1596, commandés par Jacob van Heemskerck et Jan Cornelisz Rijp, Barentsz étant pilote. En juin, ils découvrent l’île aux Ours (Bjørnøya), où un ours polaire est tué, puis le Spitzberg (Svalbard), atteint le 17 juin 1596 et cartographié pour la première fois. Les navires se séparent ; celui de Barentsz et Heemskerck contourne la pointe nord de la Nouvelle-Zemble, mais se retrouve prisonnier des glaces fin août à l’« IJshaven » (port de glace).

Les dix-sept hommes construisent avec le bois du navire et le bois flotté une cabane, le Behouden Huys (la « maison sauvée »), où ils passent l’hiver polaire dans des conditions extrêmes : froid, nuit permanente, scorbut, attaques d’ours, chasse au renard. C’est le premier hivernage européen documenté aussi loin dans l’Arctique.

En juin 1597, la glace ne libérant pas le navire, les survivants partent dans deux chaloupes ouvertes. Barentsz, malade, meurt en mer le 20 juin 1597. Les douze survivants parcourent plus de 2 500 kilomètres jusqu’à la péninsule de Kola, où ils retrouvent Rijp, et rentrent à Amsterdam le 1er novembre 1597.

Un récit et des reliques

Le charpentier Gerrit de Veer publie en 1598 le récit de l’expédition, aussitôt traduit en plusieurs langues : un best-seller européen qui fait de Barentsz un héros. En 1871, le capitaine norvégien Elling Carlsen retrouve la cabane, restée intacte dans le froid, avec de nombreux objets : ustensiles, outils, livres, gravures, instruments, pièces de monnaie. D’autres expéditions complètent la collecte, dont la plus grande partie est aujourd’hui conservée au Rijksmuseum.

Héritage

  • La mer de Barents, au nord de la Norvège et de la Russie, porte son nom depuis le XIXe siècle, de même que l’île Barents au Svalbard.
  • Ses cartes de l’Arctique, d’une grande précision pour l’époque, influencent la cartographie pendant des décennies.
  • L’échec du passage du Nord-Est oriente les Néerlandais vers la route du cap de Bonne-Espérance, que la VOC, fondée en 1602, exploitera avec succès.
  • Le Spitzberg devient au XVIIe siècle un haut lieu de la chasse à la baleine néerlandaise, avec l’établissement de Smeerenburg.

Comme Abel Tasman dans le Pacifique, Barentsz incarne l’audace des navigateurs néerlandais à l’aube du Siècle d’or. Son aventure a inspiré un film néerlandais, Nova Zembla (2011), premier long métrage néerlandais en 3D.

Où voir ses traces aux Pays-Bas

  • Rijksmuseum (Amsterdam) : une salle présente les objets retrouvés dans le Behouden Huys.
  • Musée ’t Behouden Huys à West-Terschelling : musée municipal consacré à l’histoire maritime de l’île et à son plus célèbre enfant.
  • Het Scheepvaartmuseum à Amsterdam : cartes et instruments de navigation de l’époque (voir notre fiche).

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Questions fréquentes

Qu’a découvert Willem Barentsz ?

L’île aux Ours et le Spitzberg (Svalbard) en juin 1596, et il a cartographié la Nouvelle-Zemble. La mer de Barents porte son nom.

Comment est mort Willem Barentsz ?

Affaibli par l’hivernage de 1596-1597 en Nouvelle-Zemble, probablement atteint du scorbut, il est mort le 20 juin 1597 dans une chaloupe, au début du voyage de retour.

Où voir les objets de l’expédition de Barentsz ?

Au Rijksmuseum d’Amsterdam, qui conserve la majeure partie des objets retrouvés dans la cabane à partir de 1871.

Barentsz a-t-il trouvé le passage du Nord-Est ?

Non. La route maritime du Nord le long de la Sibérie ne sera franchie d’un seul tenant qu’en 1878-1879 par le Suédois Adolf Erik Nordenskiöld.