Les sabots néerlandais (klompen)
Taillés dans un bloc de peuplier ou de saule, les klompen ne sont pas qu'un souvenir pour touristes : chaussures de travail imperméables et chaudes, ils sont encore portés par des agriculteurs, jardiniers et maraîchers, et sont homologués comme chaussures de sécurité.
Sommaire
Une chaussure née du sol humide
Dans un pays de tourbe, d'argile et de polders détrempés, il fallait une chaussure bon marché, imperméable et isolante. Le sabot de bois répondait à tout : il garde les pieds au sec et au chaud, protège des chutes d'objets et se remplace facilement. Les plus anciens sabots connus aux Pays-Bas ont été mis au jour lors de fouilles à Amsterdam (Nieuwendijk) et à Rotterdam ; ils datent du XIIIe siècle. Les sabots n'ont rien d'exclusivement néerlandais — on en portait en France, en Belgique ou en Scandinavie — mais c'est aux Pays-Bas qu'ils sont devenus un emblème national, aux côtés de la tulipe et du moulin.
Jusqu'au milieu du XXe siècle, une grande partie de la population rurale portait des klompen au quotidien. On les laissait devant la porte avant d'entrer en chaussettes ou en pantoufles, pour ne pas salir les intérieurs soigneusement entretenus.
La fabrication
Le bois de peuplier, arbre très planté le long des routes et canaux des polders, léger et facile à travailler, est taillé encore humide (« vert ») puis séché lentement. Les étapes traditionnelles :
- découpe d'un bloc de tronc à la longueur du sabot ;
- dégrossissage de la forme extérieure à la hache, puis au couteau à sabot fixé à un établi ;
- creusement de l'intérieur à la cuillère et à la tarière ;
- séchage pendant plusieurs semaines ;
- éventuellement ponçage, peinture et décoration.
Depuis le début du XXe siècle, des machines à copier reproduisent la forme d'un sabot modèle et réalisent une paire en quelques minutes ; les démonstrations dans les ateliers touristiques en montrent le fonctionnement. Les sabotiers artisanaux qui travaillent entièrement à la main sont devenus rares.
Usages actuels
Les klompen restent portés par des agriculteurs, des horticulteurs, des jardiniers et des pêcheurs. Ils ont passé avec succès les tests de la norme européenne des chaussures de sécurité, résistant à l'écrasement et aux objets pointus. Les sabots de travail sont généralement laissés en bois brut ou peints en jaune ; les modèles peints et décorés sont destinés aux fêtes et aux touristes.
Chaque région avait autrefois ses modèles : sabots pointus et relevés, sabots plats, sabots à lanière en cuir, sabots noirs pour le dimanche. Dans les villages au costume traditionnel encore porté par une minorité, comme Marken, Volendam ou Staphorst, les sabots complètent la tenue (voir traditions et coutumes).
Sabots de mariage et danse en sabots
Dans la tradition rurale, le fiancé sculptait pour sa promise une paire de sabots richement décorés (vrijersklompen, « sabots de prétendant »), ornés de cœurs, de fleurs, d'initiales et de la date. Si elle les acceptait, la demande était acceptée. Ces sabots, souvent conservés toute une vie, sont aujourd'hui des pièces de musée.
La danse en sabots (klompendansen) est pratiquée par des groupes folkloriques, notamment en Gueldre, en Overijssel et en Frise. Le rythme est martelé par les sabots sur le sol ou sur une estrade en bois. On peut en voir lors des fêtes régionales et des marchés folkloriques d'été.
Les sabots dans la langue
Le néerlandais conserve plusieurs expressions autour du sabot (voir aussi les expressions courantes) :
- Nu breekt mijn klomp (« voilà que mon sabot se casse ») : je n'en reviens pas, c'est un comble.
- Dat kun je op je klompen aanvoelen (« tu peux le sentir avec tes sabots ») : c'est évident, ça saute aux yeux.
Quant au mot français « sabotage », il dérive du français « saboter », au sens ancien de bâcler un travail ; l'histoire d'ouvriers néerlandais ou français jetant leurs sabots dans les machines relève de la légende.
Où voir et acheter des sabots
- Zaanse Schans : atelier de sabots avec démonstrations quotidiennes et petite exposition de modèles régionaux, à 20 minutes d'Amsterdam.
- Marken et Volendam : fabriques-boutiques de sabots, sur le circuit classique au nord d'Amsterdam.
- Nederlands Openluchtmuseum (Arnhem) : sabotier en activité dans un cadre historique, avec fermes et métiers anciens.
- Best (Brabant-Septentrional) : la commune, longtemps centre de production, abrite un musée du sabot.
Conseil d'achat : pour porter des sabots, choisissez une pointure au-dessus de la vôtre et portez-les avec d'épaisses chaussettes de laine. Pour une simple décoration, les mini-sabots peints se trouvent dans toutes les boutiques de souvenirs.
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Questions fréquentes
Les Néerlandais portent-ils encore des sabots ?
Une minorité seulement, surtout à la campagne et pour le travail en extérieur (ferme, serres, jardin). En ville, on n'en voit pratiquement plus, sauf lors de fêtes folkloriques.
Les sabots sont-ils confortables ?
Avec la bonne pointure et des chaussettes épaisses, ils sont plus confortables qu'on ne l'imagine, surtout sur sol humide ou boueux. Le bois isole bien du froid. Ils sont en revanche peu adaptés à la marche sur de longues distances.
Combien coûte une paire de vrais sabots ?
Comptez généralement quelques dizaines d'euros pour une paire de sabots de travail en peuplier, davantage pour des modèles peints ou sculptés à la main.